Détails d'histoire?

 

Selon les chroniqueurs du Moyen-Age, certains rois de France tenaient en haute estime la Bible. Dans une de ses lettres à Charlemagne, Alcuin, son clerc et fidèle assistant, l'informe des questions que lui posent nombre de seigneurs, guerriers ou nobles dames, suite aux études bibliques qui se développaient sous son impulsion parmi les laïcs. Louis IX, dit Saint Louis, ne se séparait pas de l'exemplaire de poche de la Bible (conservée à la Bibliothèque Nationale) qu'il avait fait réaliser exprès. Il l'expliquait volontiers à ses officiers qui ne connaissaient pas le latin. Sous son règne paraît la première traduction en français (1250). Son fils Jean le Bon (1319-1364) en fera la promotion, il emportait lui-même à la guerre, sa grosse bible de chevet: les Anglais la lui prirent à la bataille de Poitiers (1356), elle est aujourd'hui au British Museum.

Louis XIV après avoir écouté le prédicateur Massillon le fit venir et lui dit: « J'ai entendu un grand nombre d'orateurs et généralement j'ai été content d'eux, mais comment se fait-il qu'après vous avoir entendu, je sois si mécontent de moi-même? ». Le roi exprima pourtant le désir de l'entendre une fois par an. En fait le prédicateur ne reçut jamais d'autre invitation; la dernière fois qu'il dut prendre la parole devant le roi, son discours, dont le texte a été conservé, commençait ainsi: « Dieu seul est grand, mes frères... », mais cette fois le roi ne pouvait plus l'entendre: il était couché dans son cercueil, c'était son oraison funèbre.

En exil à Sainte Hélène, Napoléon reçut de France une Bible ornée aux armes impériales. Dans son désoeuvrement et son ennui il se mit à la lire. Un jour, il arrêta brusquement sa promenade et se tourna vers l'aide de camp qui marchait à côté de lui: « Montholon, que pensez-vous du Christ? - Sire, excusez-moi, je n'ai aucune opinion à son sujet ». L'empereur continua sa marche et répondit lui-même à sa question: « Alexandre, César, moi-même, nous avons fondé des empires; mais sur quoi avons-nous fait reposer notre pouvoir? Sur la guerre, sur la force. Jésus Christ, lui, n'a fait reposer son empire que sur l'amour. »